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Qu’est-ce que la dyslexie ?

C’est une difficulté à lire et écrire qui pose problème pour apprendre. Les personnes dyslexiques ont aussi du mal à se repérer dans l’espace et le temps.

C’est héréditaire ?

Non, mais dans une même famille on retrouve souvent plusieurs personnes dyslexiques, ou « dys » de façon plus générale (voir « « Dys » moi tout ! »).

Quand un autre enfant de la famille a des difficultés, ça peut arriver que la dyslexie ne soit pas repérée : on essaye de se débrouiller car on a l’impression que les difficultés de son frère ou de sa sœur sont plus grandes que les nôtres.

Les différentes formes de dyslexie

Il existe différentes formes de dyslexie : « phonologique », « de surface » ou « mixte », qui comme son nom l’indique est un mélange des deux.

En fait, il y a deux manières de lire avec lesquelles la plupart des gens arrivent à jongler sans y penser.

Première manière : quand on apprend à lire, on apprend à déchiffrer lettre par lettre, par exemple B + A donne le son « ba ». On utilise cette méthode pour tous les mots nouveaux, que l’on n’a jamais vus. Dans la dyslexie phonologique, c’est cette manière de lire qui pose problème. On devine la plupart des mots. On peut lire mais en reconnaissant les mots déjà vus. Concernant l’écriture, la personne peut avoir des difficultés à enregistrer l’orthographe d’un mot ou une règle grammaticale. Du coup, elle peut choisir au « hasard » comment écrire le mot (par exemple : « adresse/addresse », « suffisamment/sufisamment/suffisament »).

Deuxième manière : quand on lit depuis longtemps, on n’a plus besoin de déchiffrer chaque mot lettre par lettre, on reconnait le mot par sa « forme », ça nous permet de lire plus vite. C’est ce qui pose problème dans la dyslexie de surface. On a une très bonne expression mais on peut lire de façon lente, difficile et parfois saccadée. On a tendance à écrire comme ça se prononce (« éléfan », « farmassi », ect.). On confond les mots qui se ressemblent (exemple : « lame/larme », « belle/balle »). On a du mal à épeler certains mots « compliqués » (exemple : « spectacle », « obstacle », « importance »). On peut avoir des difficultés à apprendre une langue étrangère et c’est des fois comme ça qu’on remarque qu’il y a un souci.

Si tu te reconnais quelque part dans cet article, tu peux contacter un orthophoniste qui pourra te faire un bilan et te dire si oui ou non tu es un dyslexique qui s’ignore !

Contrairement à ce qu’on peut croire, un orthophoniste s’occupe autant des adultes que des enfants.

 

Témoignages

« J’ai appris que j’étais dyslexique à l’âge de 5 – 6 ans. Comme pour la plupart des dyslexiques, j’avais des difficultés à écrire, à lire et à mémoriser. Petite, je ne prenais presque jamais de récréation car je n’avais pas eu le temps de recopier ce que la maîtresse avait écrit au tableau. Quand les autres lisaient une phrase, la mémorisaient et l’écrivaient, je devais mémoriser les lettres pour les recopier, les unes après les autres, mot après mot. J’étais tout simplement incapable de me concentrer sur le sens du mot et l’orthographe. J’étais donc très lente, et je le suis encore maintenant. La différence, c’est que j’ai appris à co-habiter avec ma dyslexie et à travailler différemment. Je suis devenue exigeante avec moi-même : je suis très organisée, je prends le temps de bien faire, même si je dois passer deux fois plus de temps que les autres. Jusqu’à présent, ça m’a réussi : j’ai passé un bac littéraire, j’ai un master, je travaille, et ma plus grosse victoire, c’est que même si la dyslexie m’a ralentie, épuisée, énervée, découragée, m’a souvent fait honte, elle ne m’a jamais empêché de faire ce que je voulais. Et cela c’est grâce au soutien que j’ai reçu de mes orthophonistes, psychologues, certains professeurs, et ma famille ! »

Louise, 23 ans.

 

« Lorsque mon petit frère, qui n’a qu’un an de moins que moi, a été diagnostiqué dyslexique, il avait 6 ans. Il avait de grandes difficultés scolaires et ma mère devait reprendre avec lui tous les apprentissages de la journée pour qu’il réussisse à se maintenir au niveau. Moi j’avais des bonnes notes à l’école et j’adorais lire ! Il n’y a qu’en français, en orthographe ou en lecture à voix haute que je ne m’en sortais pas du tout. J’avais aussi des soucis d’orientation, et une incapacité totale à différencier ma droite de ma gauche. Mais comme tout le reste allait bien, tout le monde disait que je devais juste faire plus attention. Je veux dire mon frère était dyslexique et lui avait de vrais difficultés. Moi ce n’était qu’une histoire d’attention, de concentration…

Finalement, c’est au lycée que ma professeure d’espagnol a soupçonné quelque chose d’autre. Cela à cause de ma manière de confondre les mots qui se ressemblaient vaguement, ma grosse difficulté (voir incapacité) à déchiffrer des termes nouveaux, surtout s’ils étaient longs ou inhabituels. Je suis allée voir une orthophoniste à sa demande, soutenue par l’ensemble de mes professeurs et quelques jours plus tard le diagnostic tombe : une dyslexie mixte que j’ai bien compensée. J’avais 16 ans.

Aujourd’hui je suis en M2 de psychologie. Je fais toujours des fautes, mais bien moins qu’avant. J’apprends à reconnaitre les fautes les plus récurrentes et je les traque. Ça prend du temps mais ça fonctionne. Mon entourage me relit constamment, je confonds toujours ma droite et ma gauche, je n’arrive toujours pas à lire une carte routière, je n’arrive jamais à lire un mot nouveau du 1er coup, je dis encore souvent un mot pour un autre mais finalement, ma dyslexie ne m’a jamais empêchée de vivre et de réussir. »  

Anne, 23 ans.

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